S’éduquer à la mort

Par : | 0 Commentaire | Le : 19 octobre 2016 | Catégorie : Non classé

Et si s’éduquer à la mort était un soutien face aux drames?

Généralement, on ne se questionne que lorsqu’on se trouve face à des problèmes liés à des pertes, ou en cas de traumatismes.

Comment pédagogiquement introduire l’éducation à la mort ?

Bien sûr, on ne va pas s’exprimer sur le même mode, selon que l’on donne une formation sur le deuil, sur la souffrance, ou sur la mort, ou que l’on croise un individu qui souffre. Peut-on réfléchir en amont d’une souffrance ?

Depuis longtemps l’O.R.M.E. intervient et propose d’intervenir dans les écoles pour parler en amont de la mort ou d’un deuil avec les enfants afin qu’ils puissent vivre plus sereinement les moments délicats et douloureux de leur vie présente et future.

Les enfants sont confrontés dès la naissance à la mort. Au cours de leur développement, ils entendent, entre autres, parler de l’euthanasie, et, depuis peu, d’attentats. Ils voient aussi la mort en images. Récemment, lors d’un plan Vigipirate, ils ont découvert des militaires armés qu’ils ont pu associer à des images violentes de guerres vues dans des films. Même si la mort véritable n’est pas celle qui est regardée sur un écran, l’enfant a besoin d’être accompagné en regardant ces représentations. Si des efforts considérables ont été réalisés dans le milieu des soins et de l’accompagnement de personnes confrontées à un deuil, il manque la dimension préalable à la mort qui consiste à agir en amont des contrariétés et des difficultés existentielles, dans la mesure où cela permet d’ouvrir sur d’autres sujets en parlant de tout et principalement de l’existence.

Le deuil étant un problème de santé publique, la manière dont la société éduque ses enfants au problème de la mort est un acte de prévention. Pourquoi éduquer ? Petits ou grands nous devons tous faire face à la perte, à la séparation et à la mort. Qu’on soit adulte ou enfant, nous sommes tous des personnes endeuillées. Cependant, les jeunes se trouvent souvent isolés dans leur deuil parce que les adultes ont très peu de repères face à la mort.

Ce qui n’empêche pas les personnes de comprendre la mort. C’est pourquoi il est utile de donner aux enfants un espace et un cadre pour s’exprimer. D’autant plus qu’il ne faut pas sous-estimer, ni rejeter les idées, les émotions, les pensées, les images et les propos que les enfants ont inévitablement sur la mort. Même si une action éducative suggérée par l’O.R.M.E. aide l’enfant il y aura obligatoirement un décalage entre les faits observés ou intégrés durant cette éducation et la confrontation directe avec la mort véritable d’un proche, par exemple. En revanche, même si nous sommes tous démunis devant des drames personnels ou collectifs, l’enfant ayant reçu une éducation à la mort sera davantage armé pour faire face aux événements inattendus ; il pourra parler plus librement de la mort et du deuil, demander de l’aide en cas de besoin ; ne pas s’isoler quand il n’ira pas bien ; il saura mieux faire face aux événements inattendus et sera mieux armé lorsqu’il sera confronté à des événements douloureux…

Share This Post!